[ Une semaine, un parcours ] 🦇 IME Louis Flahaut
📍 Localisation de l’école : Liévin, Pas-de-Calais
⛰️ Site étudié : Terril de Pinchonvalles
🌸 Super espèces choisies : en cours d’identification
📸 Mise en récit : photographie et impression cyanotype
Le 18 mai, nos aventuriers de l’IME Louis Flahaut ont affronté une météo nuageuse et quelques averses pour explorer le Terril de Pinchonvalles. Pour cette seconde sortie, les deux intervenants étaient réunis : Thibault Ackermans, animateur nature (CPIE Chaîne des Terrils) et Juliette Charigny, photographe et plasticienne (Collectif Le Coron des Arts). Objectif : apprendre à observer, à identifier et à photographier les êtres vivants qui les entourent…et peut être choisir une ou plusieurs Super Espèces !
La première animation nature s'était déroulée dans leur établissement, et avait permis au groupe constitué par Mme Perlerin, de se familiariser avec les outils d'observations dans la cour. Ils ont aussi commencé à étudier le site choisi pour leurs parcours : le Terril de Pinchonvalles, espace naturel du Pas-de-Calais. Le jour où nous sommes allés à leur rencontre, c'était le moment pour eux de passer de la carte à l'exploration !
Une fois que les présentations avec Juliette ont été faites, Thibault a exposé l'histoire de cet espace naturel et la gestion mise en place par Eden 62 pour diversifier les habitats. Avec ses 1,750 Km qui s'étalent sur 4 communes, ce terril est le plus long d’Europe ! Il a été exploité pendant près de 300 ans par les compagnies des mines, jusque dans les années 1960. Il n'est pas très haut mais nous sentirons tout de même les quelques montées pour grimper les niveaux qui le forment. Avant cela, Thibault équipe les jeunes pour observer la faune et la flore sauvage le long des chemins.
"N'allez pas trop vite !", certains d'entre eux ont raté une belle observation de Pouillot véloce. "Qu'est-ce que l'on pourrait rencontrer d'autre comme animal sauvage ?" ..."Un serpent ?". On constatera que certains jeunes ont été attentifs au panneau à l'entrée du site qui expose quelques espèces. En effet, nous aurions pu avoir la chance de croiser la Couleuvre helvétique, une espèce protégée inoffensive pour l'humain, et un autre reptile bien connu dans le bassin minier : le Lézard des murailles.
Une espèce que nous rencontrons beaucoup sur les terrils, plus facile à observer, c'est le bouleau ! "Pas le boulot, évidemment". L'animateur explique comment l'identifier et qu'on le qualifie de pionnier car c'est le premier arbre qui réussit à pousser sur les terrils.
Envie d'en savoir plus sur le Bouleau verruqueux ? Écoutez la chronique du Conservatoire Botanique National de Bailleul.
En avançant dans le chemin, les jeunes découvrent plusieurs espèces de la famille des Rosacées : l'Églantier, le Fraisier des bois, la Ronce. Les deux intervenants apprennent aux jeunes à les identifier et à les photographier : quelle équipe !
Lorsqu'on pose notre regard sur les plantes sauvages, nous ne pouvons pas passer à côté de petites bêtes qui y trouvent refuge et nourriture. "Regarde Thibault, il y a une chenille !"... L'animateur invite les jeunes à observer attentivement cette larve pour être sûrs qu'il s'agit bien d'une chenille. Ils ont compté le nombre de pattes et de fausses pattes (celles qui lui permettent de s'agripper). S'il y a plus de 5 paires de fausses pattes, alors cette larve ne deviendra pas un papillon mais un autre insecte. Ici, la larve avait 8 paires de fausses pattes, il s'agissait donc d'une fausse chenille !
Pendant que les jeunes Mésanges bleues se baladent dans les branches qui nous abritent, le groupe reste concentré sur les petites bêtes ! Araignées, sauterelles, coccinelles, charançons... sont passés sous les objectifs.
Thibault a profité de l'observation des coccinelles, dont une Coccinelle asiatique, pour faire un point de prévention sur l'achat de larves de coccinelles sur internet pour aider à lutter contre les pucerons au potager. Il faut rappeler que la Coccinelle asiatique est arrivée en France en 2003 à la suite d'introduction de populations dans les cultures pour la protection biologique (Source). Comme la plupart des coccinelles européennes, la Coccinelle asiatique se nourrit de pucerons, d'acariens, de cochenilles... Cependant, celle-ci est capable d'en manger davantage et de chasser aussi les larves des coccinelles indigènes, ce qui apporte un déséquilibre. De quoi tirer quelques enseignements.
Juste avant la première montée, l'animateur nous a invité à sentir une plante sauvage qui nous a donné faim ! Reconnaissable à ses feuilles mais surtout à son odeur, la Roquette sauvage nous a montré ses belles fleurs jaunes une fois arrivés en haut. Derrière un beau peuplier, le second point de vue a été apprécié pour faire une lecture de paysage et tenter de reconnaître certains endroits connus des jeunes. Thibault nous a apporté quelques points de repères et indiqué quels terrils nous pouvions voir : celui d'Harnes, ou encore celui d'Hénin Beaumont.
Les élèves ont eu le réflexe de profiter de la vue aux jumelles : "On voit de plus près, c'est magique !". Et il n'y a pas qu'avec les jumelles que l'on voit de plus près. Certains ont testé l'appareil photo de Juliette.
Attachée à la nature et au monde animal, Juliette trouve dans l’art un langage sensible pour exprimer et transmettre la relation au vivant. Sa pratique artistique se construit autour de l’expérimentation photographique, avec un intérêt marqué pour le cyanotype, une technique ancienne qui lui permet de mêler ses passions. Dans ce parcours, Juliette va pouvoir initier les jeunes à cette technique d'impression. Chacun d'entre eux sélectionnera une à trois photos représentant leur Super Espèce. Lors d'une future séance, ils pourront les imprimer en cyanotype grâce aux négatifs préparés par l'artiste. Nous avons hâte de voir le résultat !
Avant de redescendre et de clôturer cette sortie, Thibault nous a amené devant une mare complètement sèche qu'Eden 62 souhaite restaurer. Il explique qu'un premier chantier nature en partenariat entre Eden 62 et le CPIE Chaîne des terrils a eu lieu cet hiver pour enlever les ligneux. La colonisation de la mare par les arbres referme ce milieu humide qui ne peut plus accueillir les espèces qui y sont associées. Dans l'espoir ici de voir revenir les amphibiens - entre autres - ces deux structures vont organiser un second chantier participatif pour recreuser cette mare. Cette action sera réalisée dans le cadre du Projet Interreg Destination Terrils. Envie d'y participer ? Suivez leurs actualités !
Les jeunes ont montré beaucoup d’intérêt à découvrir la nature près de chez eux. Grâce à l’entraide et la motivation mutuelle, ils ont réussi à grimper les marches pour atteindre le dernier niveau du terril et profiter de la vue. Curieux et sensibles envers ce qui les entoure, ils ont pu observer et photographier de nombreuses espèces. Elles apparaîtront peut-être dans leur mise en récit. Pour le savoir, rendez-vous dans quelques semaines pour découvrir leurs œuvres !
Les Parcours Super Espèces sensibilisent des jeunes aux enjeux territoriaux de biodiversité en Hauts-de-France. Ils sont animés par le GRAINE Hauts-de-France dans un cadre scolaire et par Ombelliscience hors du cadre scolaire, en partenariat avec la DREAL Hauts-de-France. Cette action s’inscrit dans la feuille de route biodiversité de l’Etat en région.
En savoir plus sur ce dispositif pédagogique : https://grainehdf.fr/super-especes/
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